
Marjolaine Pigeon exposera ses oeuvres récentes à la galerie le dimanche 20 septembre, de 15h à 19h.
“Vous dites que vous êtes venu à l’abstraction par choix. La formule est plaisante et féroce quand on sait que plusieurs peintres y sont venus par contrainte, au terme d’une crise d’inspiration ou tout simplement par incapacité dans la maîtrise des formes. Vous étiez au mieux avec la nature et elle vous le rendait bien. Sans vouloir jouer à reconnaître des éléments de celle-ci dans vos formes les plus abstraites, on pourrait, au terme de la méditation à laquelle vous nous invitez retrouver le monde entier dans l’universalité de vos compositions où j’éprouve la même tendresse que je ressentais devant votre palette...
Je penserais volontiers que cette douceur des couleurs, vous en usiez de même dans les oeuvres figuratives. Mais cette harmonie silencieuse, ces rapports heureux, quoique parfois tendus par des liens très forts, se perçoivent aussi dans le discours muet que nouent les plans les uns avec les autres.”
Georges Schmits.
(Extrait d’une lettre à Roger Dérieux du 12/11/2004)





4. Celui d’un spectateur à la corrida à Séville : Plaza de Toros, 2007

5. Celui d’une touriste dans une église à Rome : Santa Maria del Trastevere, 2004


Merci à Dominique Bollinger de nous faire partager ces magnifiques photographies et ces traductions de réflexions de 2 photographes américains que voici :
« J’aime à penser que la photographie ce sont 2 actes de respect. Le respect pour elle-même en la laissant faire ce qu’elle fait de meilleur, c'est-à-dire décrire. Et le respect pour le sujet en le décrivant comme il est. Une photographie doit être responsable des deux. Je photographie pour voir à quoi les choses ressemblent une fois photographier. »
Garry Winogrand
« Le silence est, après tout, le contexte pour l’appréciation la plus profonde de l’art : les seules évaluations importantes, sont à la fin, personnelles, intérieures à chacun de nous. »
Robert Adams « Beauty in photography » 1996
« La photographie c’est de savoir ce qui peut se produire dans le cadre. Lorsque vous mettez quatre bords autour de certains faits, vous changez les faits. »
Garry Winogrand.
Pour voir le site de Dominique Bollinger >

Gilles Guias, graveur du virtuel
Dans ses œuvres sur e-paper, Gilles Guias transpose l’art de la gravure en taille douce, technique ancestrale, dans cet univers virtuel qui caractérise le début de notre XXIe siècle.
Les parentés formelles sont, en effet, nombreuses entre l’écran d’un lecteur d’e-paper et une estampe au burin ou à la pointe sèche. Tout d’abord la dialectique noir-blanc, commune aux deux techniques, dans des traits incisifs, inflexibles, distanciés par l’intermédiaire de l’outil et de la résistance du métal ou de la palette graphique. La spontanéité qui caractérise le dessin ou la lithographie est ici contenue et endiguée par l’exercice d’une technique lentement maîtrisée et par un matériau qui résiste et contrarie la fluidité naturelle du geste. Le format, ensuite, réduit, presque précieux, mis en valeur par de grandes marges en réserve, fait de ces deux types d’artefacts des objets de lente délectation, à savourer dans l’atmosphère d’un cabinet de curiosités, à l’opposé des cimaises grandiloquentes de nos musées organisateurs de spectacles. La notion d’état, enfin, renouvelée par l’e-paper. Un seul subjectile permet de visualiser, en quelques minutes, les étapes successives de la pensée et du geste de l’artiste, ce qui, pour l’antique amateur d’estampes, pouvait constituer la quête d’une vie.
En 1935, Walter Benjamin, dans son essai L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, constatait la perte de l’aura de l’œuvre d’art, conséquence de l’avènement des techniques et moyens de reproduction de masse que sont l’imprimerie, la photographie et le cinéma. Soixante-dix ans plus tard, Gilles Guias recourt à des moyens de diffusion et de reproduction de masse pour redonner à l’œuvre sa vibration originelle, incitant à une communication quasi mystique, à l’instar des icônes des églises orthodoxes. La multiplication n’est plus, ici, synonyme de désincarnation et de perte d’autonomie, mais vecteur d’affirmation d’une très matérielle identité.
Louis Doucet, décembre 2008
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